Homme-Oiseau / Jean-Sébastien Baillat et Mathieu Bélanger / Installation

2006OKb

Date: du 18 janvier 2018 au 18 janvier 2018

Les Passagers :
Jean-Sébastien Baillat
Mathieu Bélanger

A travers leur Homme Oiseau enfermé dans son monolithe de métal, installation/performance multimédia (commande des Escales Improbables de Montréal), les passagers cherchent à interroger l’individualité et l’intériorité en envisageant notre rapport au quotidien et au monde.

L’homme-oiseau peut être vu comme une allégorie sur le thème de l’enfermement psychologique. La structure de métal évoque en premier lieu un monument, un monolithe, une sorte d’autel pour cet homme-oiseau seul et déconnecté du monde extérieur. Elle évoque en deuxième lieu une « cellule » — celle d’une prison ou, pris au sens biologique, l’unité fondamentale de tout organisme vivant. La forme de la structure, légèrement courbée vers l’avant, fait en sorte que ce « morceau » de prison semble avoir été retiré d’un ensemble plus grand, celui de la prison panoptique, prison idéale imaginée par Jeremy Bentham.

La philosophie derrière la prison panoptique soutient, entre autre, les hypothèses suivantes:
– il n’y a qu’une seule façon correcte de faire les choses, et elle peut être décrite dans ses moindres détails. Par conséquent, le savoir et le comportement devraient être normalisés et les écarts par rapport à la norme, découragés;
– ce qui importe est tangible et directement observable;
– le comportement individuel est l’élément central du contrôle.

Ces idées sont reprises dans l’installation mais proviennent non pas d’une autorité quelconque, mais bien de l’individu lui-même qui n’est observé et contrôlé, au final, que par sa pensée et son jugement sur sa propre personne. L’installation propose à partir de ce point de départ que l’homme peut être L’homme-oiseau et qu’il peut, dans le cadre de son quotidien et de ses habitudes, se libérer de son enfermement psychologique.